Quand le papier communique avec le web

Le site de L’Atelier relève que le code-barre 2D s’invite dans la presse sud-africaine.
Le sunday Times adopte depuis peu le « Times code » avec un opérateur téléphonique local, Nashua Mobile.

Le code-barre c’est le chainon manquant entre le papier et l’internet.
Avec votre téléphone mobile vous scannez le code, situé au bas d’un article quelconque publié sur un support papier, et vous télécharger une vidéo relative à l’article ou des infos complémentaires (cours de la bourse en direct, etc). Ex : lecture du compte-rendu du match de foot de la veille dans L’Equipe, puis vous scannez un code-barre pour visionner les buts du match sur votre mobile.
Génial, non ?

Le système n’est pas nouveau, il fonctionne d’ailleurs à pleins tubes et depuis longtemps au Japon. cet été en France, Closer et Public s’y sont mis. Cela dit, je n’ai pas vraiment de retour d’info sur cette expérience.

Dans un univers médiatique cross-média, le code-barre est un des outils qui permet à l’information de circuler d’un support à un autre.
C’est ce que j’expliquais la semaine dernière encore à mes stagiaires, 24 journalistes d’un grand quotidien régional du Centre, très attentifs voire même surpris, sinon ébahis par cette nouvelle technologie.

Si tout va bien, avec le développement du wifi dans les grandes villes (et à la campagne aussi j’espère), des tarifs au plus bas voire la gratuité pour le téléchargement des datas, ce système de code-barre pourra s’installer durablement dans les quotidiens et les magazines.
A moins que le e-paper ne vienne bousculer tout ça. Mais je n’y crois pas en l’état. Beaucoup trop cher.

En prime, pour voir l’usage des mobiles au Japon et donc ce qui va nous arriver demain, cette vidéo réalisée également par L’Atelier.

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We feel fine : les émotions humaines sur votre écran

Le projet « We Feel Fine », mené à partir 2005 par les new-yorkais Jonathan Harris et Sep Kanvar était plus qu’étonnant.
Il s’agit ni plus ni moins que de représenter, les millions de pensées et d’émotions humaines qui s’expriment chaque jour sur le web mondial, en particulier sur les blogs.
Un projet artistique humaniste à la base, mais fascinant et inquiétant comme souvent avec le web. En voici un exemple en mode data-visualization :

Le journalisme à l’ère électronique

A ma connaissance ce fut le premier bouquin du genre sortit en 2007 , donc il fera date d’autant qu’il est complet.
Alain Joannès venait de publier chez Vuibert « Le journalisme à l’ère électronique ».
Une somme (250 pages), qui détaille l’ensemble des enjeux auxquels sont confrontés les journalistes aujourd’hui face à l’inexorable montée en puissance du web 2.0.
Ce livre a un mérite : il pose un certain nombre de repères dans un univers – celui du web – en perpétuel mouvement et anxiogène pour la profession.
l’auteur a voulu en faire un mode d’emploi, il fait le tour des enjeux, décrypte les nouveaux outils (flux RSS, blogs, wikis) et trace des pistes pour « réinventer la collecte » (de l’info), « vérifier l’information », « organiser une rédaction », « exploiter l’interactivité ».

Le sujet est criant d’actualité :
la profession connaît de fait une crise sans précédent dans l’histoire.

  • Crise éthique et déontologique, amplifiée par le phénomène participatif sur le web, largement critique à l’égard des journalistes.
  • Crise économique aussi : les anciens modèles payants s’écroulent, tandis que les nouveaux n’ont pas encore pris toute leur dimension. Je ne parle même pas de la précarisation croissante des jeunes journalistes.

Evidemment, à l’ère électronique le journalisme va s’enrichir de sons, de vidéos, d’interactivité avec le lecteur et c’est une bonne chose.
Surcroit de travail en vue.
Une bonne nouvelle, donc.
Mais faut-il l’envisager à effectif constant ?
C’est ma seule réserve (ou interrogation comme on voudra).
Pour le reste, un bouquin à se procurer absolument.

journalistes MoJos

Les MoJos sont des journalistes multimédias dédiés au web, qui travaillent aussi bien l’écrit, que l’image ou le son. J’en ai parlé abondamment ici et là aussi.

cette forme de journalisme ne va pas tarder à s’installer en France.
L’évolution paraît inéluctable quand on connaît les possibilités multimédias du web et le développement actuel de ce média.
Et tout comme aux Etats-Unis ou au Canada, elle suscitera les mêmes réserves mais aussi les mêmes envies.
« Sous-journalisme » diront les uns, tandis que d’autres s’enthousiasmeront pour cette façon nouvelle de rendre compte d’événements, de raconter une histoire.

Reuters consacre même un site à ses journalistes mobiles (Reuters MoJos) où elle présente notamment la boîte à outils du parfait MoJo.

La téléphonie mobile écolo

Le patron de Nokia, Olli-Pekka Kallasuvo, a présenté ce matin à Barcelone, un nouveau téléphone mobile « Remade » fait entièrement de matériaux recyclés (boites de conserves et de boisson, bouteilles en plastique, résidus de pneus).
Même les composants intérieurs sont faits avec des matériaux « eco-friendly ». C’est pour l’instant un concept et Nokia n’a pas dit si elle comptait le commercialiser. Une petite vidéo est disponible ici.

Au Congrès mondial des mobiles, les opérateurs, les équipementiers et les fabricants ont rivalisé pour se présenter le plus écologique possible. C’est devenu un des soucis de cette industrie, a estimé son président John Hoffman, en ouvrant la conférence.

Même les Chinois du géant China Mobile disent vouloir atteindre en 2010 une baisse de 40% de leurs émissions de carbone par rapport à 2005. Grâce à ses efforts, son président, Wang Jianzhou, a assuré avoir sauvé plus de 700 hectares de forêt l’an dernier, et recueilli plus de 3 millions de téléphones usagés et de batteries en 2007. Il utilise aussi de plus en plus d’énergie solaire et éolienne pour alimenter ses stations et antennes éparpillées sur son immense territoire.

Cross média et rédactions intégrées

Le discours du World’s editors forum (WEF) est en train d’évoluer sur la question des rédactions intégrées, entièrement tournées cross-média.
J’évoquais déjà,il y a quelques mois, cette idéologie battue en brèche en citant Alexis Delcambre et l’exemple du Monde.fr.
Cette fois, dans un long papier publié sur son blog le WEF lui-même prend acte du fait que des rédactions hybrides (ou bicéphales web et print) peuvent se mettre en place – c’est le cas au Figaro – dans une perspective cross-média.
Le WEF appelle cette formule :
rédactions non-intégrées mais qui coopèrent.

C’est toujours ça.
Le titre à lui seul résume le changement de discours : « Une rédaction qui n’est pas intégrée, ne signifie pas l’absence d’intégration ».
Une manière de prendre acte qu’il y a d’autres voies vers le cross-média.
Une sorte d’euphémisme aussi pour dire que les journalistes du print ne veulent pas se mélanger à ceux du multimédia.
L’article est passionnant, je vous le recommande. Il montre, à travers l’exemple du Figaro, comment un groupe de presse français peut aboutir au cross-média sans froisser les journalistes.
En clair, si tu ne peux franchir l’obstacle, contourne-le (proverbe chinois). Aux néophytes, un petit résumé.
Le cross média, c’est l’information multi supports : mobiles, web et papier. Et ces supports sont aussi des canaux de communication actifs de l’un à l’autre.
Exemple simple, que j’utilise régulièrement en formation : vous lisez dans votre journal papier préféré, le compte-rendu du match de foot de la veille. Au pied de l’article il y a un mobile tag, vous le scannez avec votre téléphone mobile et vous téléchargez le but du match ou l’interview des joueurs.
Le cross média, c’est aussi l’info en flux continu. Un événement survient dans la journée et immédiatement une alerte est envoyée sur les mobiles, tandis qu’une brève est rédigé pour le web (actualisée tout au long de la journée, voire enrichie en multimédia), avant de lire l’article le lendemain dans le journal.
Incontestablement c’est l’avenir.

La rédaction intégrée, c’est la nouvelle organisation censée répondre à l’exigence du cross média (24/24 et 7/7).
Elle suppose de casser l’organisation actuelle des newsroom (héritée du XIXe siècle, il est vrai), pour créer une rédaction entièrement tournée vers un pôle unique, un desk central multimédia.
Les journalistes, quant à eux, n’écrivent plus « pour le journal ». Ils sont « producteurs d’infos » multisupports.
Ca change pas mal la donne, l’info n’est plus périodique mais continue.

Problème : les éditeurs de presse prennent conscience d’un vieux principe, celui de réalité.

  • Réalité culturelle d’abord : les journalistes du print n’ont pas encore intégré les raisons qui poussent les groupes de presse au cross-média. Et notamment ils sont peu ou mal informés, enfin c’est mon analyse, quant aux nouveaux usages (internet et mobiles). C’est pourtant là que se déplace aujourd’hui l’audience.

  • Réalité sociale ensuite : la perspective cross-média (l’info tous supports), est encore vécue comme une future surcharge de travail. D’autre part, les syndicats ne lâcheront pas aussi facilement la question des droits d’auteur.

Commercialisation des données privées

 Les soucis liés à la protection de la confidentialité et à la commercialisation des données privées, ne font que commencer.

Cette fois, c’est du côté des mobiles, qu’il faudra regarder, et peut être même surveiller nos opérateurs favoris!

A Barcelone, cette semaine, les opérateurs ont montré le bout du nez: et si nous profitions, nous aussi, des informations que nous avons sur vous?

Elles ne sont pas minces! Ils savent beaucoup de choses: qui vous êtes, où vous habitez, où vous êtes quand vous téléphonez, à qui vous parlez, et quand, ce que vous cherchez sur le web, etc… Ce n’est pas mince quand on sait ce qu’un Google peut faire avec de la pub bien « contextualisée »!

Arun Sarin, le patron de Vodafone, n’y est pas allé par quatre chemins: « Nous connaissons très bien nos clients, nous savons où ils sont, et nous savons ce qu’ils aiment. Nous pourrions très bien cibler des publicités. Cela pourrait devenir une source de revenus importante».  Le tout bien sûr « sans perturber la confidentialité des informations de nos clients ».   

Yahoo!, qui gagne sa vie avec la pub, a enfoncé le clou en montrant pour la première fois son nouveau service « Yahoo! Connect », qui permet d’agréger et de synchroniser sur une page du mobile, tous ses réseaux et tous ses contacts en direct. Du mail à l’IM, de LinkedIn à Facebook, en passant par Myspace, AOL, Twitter ou Flickr.

Petite précision: ce service permettra aussi de localiser vos contacts, au mètre près, avec des fonctionnalités d’alerte! Wow!  Yahoo! prend les devants: les utilisateurs pourront choisir de ne pas faire marcher cette fonction.

A suivre quand même!