La ville 2.0 comme plate-forme d’innovations ouverte

L’irruption dans le jeu urbain des acteurs du Web 2.0 est déjà une réalité. L’exemple le plus spectaculaire réside sans aucun doute dans la prolifération de données cartographiques et photographiques urbaines, fournies gratuitement par les Google, Yahoo et autre Microsoft, et désormais omniprésentes sous la forme de mashups ou API ou de widgets , sur nos écrans d’ordinateurs et de téléphones mobiles. Quant à l’usager-citadin, nouvel acteur incontournable du Web 2.0, il commente, interpelle, évalue, annote, raconte, photographie et filme la ville sous tous ses angles, partageant et diffusant cette production personnelle ou collective via ses plates-formes de blogs et réseaux sociaux préférés.

Cette double pression, par le haut et par le bas, qui s’exerce sur eux incite, voire oblige les acteurs « classiques » de la Ville, publics et privés, à réexaminer en profondeur le fonctionnement de la fabrique des services urbains. L’hypothèse de ce défi est que l’application à la Ville des modèles d’innovation qui font le succès du Web 2.0 et de l’open source doit permettre aux transporteurs, collectivités territoriales, commerçants, aménageurs et prestataires de services urbains de réinventer leurs métiers, de sceller de nouvelles alliances et d’enrichir leur offre, pour le bénéfice de tous les citadins.

Deux perspectives nous intéressent plus particulièrement dans ce défi :

  • Celle de la ville comme une plate-forme ouverte à toutes les innovations et tous les acteurs, favorisant le partage et la circulation des données, la mutualisation des ressources, et la création de services innovants répondant aux nouvelles attentes des citadins.

  • Et celle d’une plus large implication des citadins dans la conception et le fonctionnement des services urbains, et la co-construction de leur Ville.

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Lecture : Une prière pour Owen de John IRVING

Ce roman est souvent considéré comme la pièce maîtresse de l’œuvre du romancier américain, J IRVING. Il écrit encore aujourd’hui et a déjà publié plus d’une dizaine de romans. Si on y retrouve bien ces thèmes récurrents de la relations de l’homme à la nature, la sexualité, à l’absence du père, on peut se demander ce qui fait la particularité de ce livre-ci, et surtout si les années n’ont pas entaché ces qualités.

La première qualité de ce roman est le style fluide de J IRVING, grâce auquel on entre très vite dans l’histoire et qui amène à quelques situations particulièrement cocasses, j’ai ri aux éclats à plusieurs reprises ! Les personnages dans cette écriture très accessible sont bien sûr comme d’autres personnages d’IRVING, parfaitement crédibles, mais aussi atypiques et amusants. Je n’ai pas longtemps résisté à cette Hester féministe et rebelle… Et pour ne rien gâcher, le style souple n’empêche pas une excellente et même étonnante construction.

Mais ce qui m’a particulièrement séduite, ce sont les opinions tranchées et vives des deux personnages principaux sur les Etats-Unis et leur politique étrangère des années 60 à 70. Aucune langue de bois, notre narrateur démonte un à un les scandales politiques de ces jeunes années. Et ces critiques n’ont – malheureusement – pas beaucoup vieilli. Certaines critiques sont étonnamment modernes : le force souterraine des lobbies, le manque d’engagement des hommes politiques américains sont d’une actualité criante !

Finalement, le seul léger bémol de ce roman, ce sont les nombreuses allusions à la religion. Les débats sur la foi épiscopalienne comparée à la foi chrétienne m’ont assez peu intéressée car tout cela me semblait fort creux.

 

 

MSI Wind U115 pour 549,99€

Le prix du MSI Wind U115 vient d’être dévoilé, 549,99€ pour cette petite bête d’autonomie. Ce portable est l’un des seuls à avoir une autonomie de plus de 13 heures sur batterie. Sa sortie en France a été annoncée en mai. Revoyons d’abord les caractéristiques de cet ordinateur portable :

Processeur : Atom Silverthorne Z530 cadencé à 1.6 GHz

Mémoire : 1024Mb ou 2048Mb de RAM 533 MHz

Stockage : HDD S-ATA 80Go accompagné d’un SSD de 8Go ou un HDD S-ATA 120Go accompagné d’un SSD de 12Go ou encore un HDD de 160Go accompagné d’un SSD de 32Go

Ecran : 10 pouces (26 cm) WSVGA LED, résolution 1024X600

Webcam : 1.3 mégapixels ou 2.0 mégapixels

Connecteurs : EDR, VGA, Jack (micro & son), Ethernet et 3 ports USB 2.0

Lecteur de cartes mémoire 4 en 1 (SD, MMC, MS, XD)

Connecteurs Wi-Fi b/g ou b/g/n (compatibilité avec les réseaux Wi-Fi)

Bluetooth 2.0 et batterie à 6 cellules (4900 mAh)

Voilà, ce portable devrait séduire les plus travailleurs d’entre-vous.

La batterie 6 cellules

Technologies Internet : les interfaces

Parfois, aux soirs de lassitude, on aimerait pouvoir éplucher son écran, ôter la pellicule supportant les pictos, les fenêtres clignotantes pour ne garder, sur la peau de l’écran, qu’un visage lisse, deux paupières, un nez une bouche : celle de l’éveillé par exemple… Un bouddha qui saurait vous évoquer toutes les réponses à l’intérieur même de votre crâne. L’interface parfaite, sans bouton.

Car depuis l’origine, l’informatique devait permettre l’augmentation de l’intelligence humaine déjà très rapide. Le seul frein : la vitesse de transmission et de traitement des données hors les machine : une information digitale (des zéros et des uns) et la traduction de cette information en signal captable par nos sens : la vue, l’ouïe et le toucher, moins exploités (l’Apple Wach possède sur son bracelet des picots qui titillent les poignets pour signaler par exemple l’heure ou la survenue d’un sms).
Initialement, Engelbart, l’inventeur de la souris, avait pu imaginer de commander son ordinateur à l’aide d’un genou.


Très vite, c’est la capacité d’attention du cerveau humain qui est le maillon le plus faible de la chaîne de transmission de l’information. D’ailleurs, dès les années 90 sur le campus de Xeros Park, la question est posée de mieux s’adapter à l’attention humaine – la plupart du temps inconstante. Pour la première fois, le concept de technologie calme (calm technology) est posée. Le principe, détaillé Ici sur le DSF (Digital Society Forum) est de « solliciter l’attention d’un utilisateur au bon moment quand le système le requiert, ou, à l’inverse, lui donner des informations de manière périphérique sans perturber son activité principale. » Il s’agit de rendre l’outil informatique non seulement « invisible », mais omniprésent. A l’époque, les chercheurs dessinaient les premières lignes d’un système informatique ubiquitaire composé de millions de petits ordinateurs connectés entre eux dans notre environnement familier.

Cette domotique allait devenir une “informatique ambiante” qui aurait géré tout dans notre environnement, devancé nos gestes, accompagné nos gestes et communiqué avec nous sans même que nous nous en apercevions. Nous en avons vraiment rêvé. Des maison pilotables à distances, des robots ménagers programmables, des montres qui comptent nos pas et nos battements de coeurs. Et nous l’avons vraiment fait… Enfin presque. Nous n’exploitations pas toutes les subtilités de nos systèmes : trop prise de tête.

l’art de la conversation sur Twitter

Si, comme moi, vous ne captez pas toujours toutes les subtilités du langage de twitter, dites vous que ce n’est pas si grave. Ou en tous les cas que ce n’est pas la peine de vous remettre tout de suite en question. L’opacité des auteurs de Tweet est parfois involontaire, la portée de leur message d’autant réduite. Des chercheurs du Georgia Institute of Technology ont montré qu’un tweet qui comportait des abréviations et un langage informel aurait une portée plus limitée qu’un tweet pourvu d’hashtags aux mots plutôt formels, c’est une étude relayée par le site de l’Atelier.

Faire court ne signifie pas toujours couper intempestivement les phrases et les mots. La règle, bien connue dans la presse selon laquelle tout bon lecteur est un lecteur pressé, capricieux, impatient et qui exige de ce fait une information directement accessible à son esprit régit aussi le monde des tweet aux 140 caractères. Il faut faire court, mais clair. L’étude du Georgia Institute of Technology citée par l’Atelier montre « qu’en fonction de l’audience à atteindre, contacts proches ou public large, le tweet peut arborer un ton peu conventionnel, être pourvu d’abréviations type langage SMS, ou au contraire se montrer tout à fait formel. »

L’élément géographique jouerait un rôle important, précise encore l’article. les chercheurs* ont remarqué que lorsqu’un internaute s’adressait à un(e) résident(e) de la même ville, abréviations et mots familiers de la région étaient de rigueur. Par exemple, alors que le smiley est utilisé partout, l’alternative est beaucoup plus populaire à Los Angeles. De la même manière, on trouvera dans la région de Houston une concentration du mot « mayne », pronociation locale du mot « man ». Plus la visée est grande, plus le langage est soigné, voire académique. A l’inverse, annoncent les chercheurs « Notre étude montre que plus le langage est, différencié, plus le tweet est enclin à être destiné à une audience locale et donc aura moins de chance d’être diffusé largement ».

L’information qui a inspiré à un internaute anonyme ce commentaire désabusé : « 3 ans et des millions de twits pour enfoncer une porte ouverte, ça doit être la force d’Internet avec un grand « I », si je dis Net tout le monde ne va peut-être pas comprendre :-(…. »

Ou l’on (re)découvre aussi, la théorie du langage un grand tweet : le langage est un code compréhensible de tous, dont le but ultime n’est pas forcément de briller, de se faire mousser mais de transmettre une idée, une information à autrui.  » Nous nous exprimons nécessairement par des mots, et nous pensons le plus souvent dans l’espace. En d’autres termes, le langage exige que nous établissions entre nos idées les mêmes distinctions nettes et précises, la même discontinuité qu’entre les objets matériels » nous dit le philosophe Henri Bergson.

A ceci près que Twitter ne signifie pas exactement parler, s’exprimer, mais gazouiller, comme un oiseau. Et qui sait encore que ce que l’on a longtemps nommé « la langue des oiseaux » depuis le Moyen Age ? Et l’on ne parle pas alors de l’alouette qui grisolle, tire-lire, turlutte, que la bécasse qui croûle, que la buse qui piaule, que le butor qui butit, la caille qui carcaille, courcaille, margotte, le canard qui cancane, canquette, nasille, la chouette qui chuinte, hioque, hole, hue,(h)ulule, la cigogne qui craquette, glottore, la colombe qui roucoule, le coq qui chante, coqueline, coquerique… tout le reste est ici.

La Langue des Oiseaux est une bizarrerie, un langage codé, une langue secrète qui donne aux mots et aux phrases une autre signification que celle qu’ils portent habituellement « via un ensemble de procédés qui permettent d’entendre différemment les sons, les mots et les expressions afin d’en faire émerger le sens secret. » nous dit ce passionné qui précise encore que « c’est autant une tournure d’esprit qu’une disposition à capter la puissance symbolique du langage. Elle permet de donner du sens aux  » maux  » que nous exprimons en écoutant les  » mots  » que nous utilisons. »

La langue des oiseaux consisterait donc en premier à s’exprimer, soi. Avec sans doute l’espoir de toucher la sensibilité d’autrui. Et plus, si affinité. Si affinité se faire comprendre en plus, mais c’est une option.

Au-delà du nombre de Dunbar

L’humanité adore ériger des frontières. Mais elle aime par dessus tout s’y mesurer. 300 000 kilomètres seconde, la vitesse de la lumière ; 2,45 mètres, le record de saut en hauteur du Cubain Javier Sotomayor ; 2° la limite d’augmentation du réchauffement climatique visée par la Cop 21 ; 19,99 euros, un prix qui n’est pas encore cher ; et 148, le nombre d’amis de l’Internet que l’on ne peut pas dépasser ou plus précisément, « une mesure de la « limite cognitive du nombre de personnes avec lesquelles un individu peut avoir des relations stables. » C’est l’anthropologue britannique et un biologiste de l’évolution, spécialisé dans le comportement des primates, Robin Dunbar qui en a posé le principe.

Sébastien Bohler, rédacteur à Cerveau & Psycho, raconte : « Au milieu des années 1990, Robin Dunbar s’intéresse au cerveau de diverses espèces de singes : alouates, macaques, ouistitis, sans oublier les grands singes ou chimpanzés, orangs-outans ou gorilles… Il mesure le volume de leur cortex cérébral (généralement associé aux fonctions cognitives) et le rapporte au volume total du cerveau. Il constate alors que le nombre obtenu, un indice du degré d’évolution cérébrale de l’espèce, est proportionnel à la complexité de leurs groupes sociaux dans cette même espèce. Plus l’indice de développement du cortex est élevé, plus les groupes sociaux sont développés et nombreux. En extrapolant sa courbe, R. Dunbar a fait la prédiction que les groupes humains ancestraux devaient compter environ 150 individus. Il va même plus loin en postulant que les capacités cognitives du cerveau n’ont pas dû évoluer depuis cette époque et restent le facteur déterminant qui limite la taille de nos groupes sociaux.  »

Cette théorie scientifique a fait florès. Elle est même érigée en vérité vraie. Pour preuve, elle ne souffre pas d’exception (ce qui, si je me souviens bien, n’est pas une grande preuve de validité scientifique, toute bonne théorie se justifiant aussi et surtout par la survenue d’un contre-exemple). Selon la même revue, « ce nombre de 150 partenaires sociaux, désormais désigné sous le terme de « nombre de Dunbar », doit rester l’ordre de grandeur qui fixe l’étendue de nos amitiés et connaissances. Fait notable pour une théorie scientifique en biologie, elle est prédictive. Conçues à partir de ce module, des études d’anthropologie visant à estimer la taille de nos réseaux de connaissances et d’amitiés réelles ont révélé qu’un individu entretient en moyenne 153 contacts sociaux suivis. Le nombre de Dunbar semble bien constituer la mesure cérébrale du social. »
Que se passe-t-il si le réseau arboré par un individu paraît plus étendu, c’est tout simplement que son propriétaire n’en connait pas tous les recoins : il se targue d’amis qu’il ne connaît pas. Pas d’exception à la règle de Dunbar.

Ici, le fait nouveau n’est évidemment pas que nous pouvons, grâce aux réseaux, entretenir des relations avec des personnes que nous ne connaissons pas. Ca, on avait compris. Le fait nouveau c’est qu’il existe dans nos contacts de Facebook et de Twitter, sans compter viadeo et toutes les autres plates-formes des tas d’avoir des amis inconnus avec lesquels et c’est là tout le suc de la situation, nous n’entretenons aucune relation. Des tas de gens que nous ne connaissons pas, qui existent dans nos carnets d’adresses et avec nous sommes en quelque sorte en non contact. Et là, il faut bien avouer qu’une nouvelle limite vient d’être franchie.

Economie de l’attention ou pas ?

Voilà donc l’industrie du Web 2.0 requalifiée en « Economie de l’attention« . Tout est possible, tout est pardonnable dès lors que cela capte votre attention. Car à peine exploitée la ressource maîtresse se fait rare. La pénurie menace. La chasse au gaspi se fait ici dans « l’abondance informationnelle ». Et son comble : quand on n’a pas d’attention, inutile de chercher des idées…

Car ce n’est pas rien, votre attention. Enfant, nous avons été sollicités. Les guili-guilis, les comptines, les hochets, les cubes, et certains transat opportunément placés sous les arbres afin de nous éveiller l’esprit, dans l’espoir que les frondaisons mouvantes tracent de nouveaux réseaux neuronaux, qui allait développer notre goût pour Mozart ou pour les mathématiques. Et certainement, notre capacité de concentration. Et qu’en faisons nous, de toute cette attention, bichonnée, soignée, grandie ? Nous la dispersons dans les moulins du Web. Nous la dispensons à tous les vents avec prodigalité à qui la veut.

Ils sont nombreux, les prétendants : selon l’institut américain Media Dynamics publiée en 2016 ( » From Crisis to Stasis: Media Dynamics and Issue Attention in the News « ) et reprise sur le DSF, nous sommes exposés en moyenne à 362 messages par jour contre 296 en 1985 et 340 en 1945. Tout en multipliant les bandeaux, pop-up et autres encarts, la publicité s’est emparée de la vidéo et des réseaux sociaux où fleurissent les liens sponsorisés, l’ensemble étant englobé dans des stratégies « cross-média », multisports. Jusqu’à ce que ces nouveaux ressorts s’épuisent, comme la publicité avant eux…

Car à mesure que notre attention décroît, le martelage s’intensifie : les nouveaux formats de publicité sur le Web, de plus en plus « ingénieux, intrusif, disruptif », selon dans quel camp vous vous situez, auront coûté près de 22 milliards de dollars aux sites internet cette année. Voilà pour le Web. Dans la vraie vie, aucun répit pour votre attention : les objets connectés volent nos clins d’oeil pour vérifier une destination, un nombre de messages non lus ou un rythme cardiaque finissent de grappiller ce qu’il reste de votre allocation de cerveau disponible. « En 2020 on peut estimer que le nombre d’objets connectés en circulation à travers le monde s’élèvera entre 50 et 80 milliards » annonce les sites spécialisés dans les  Objets connectés : montre Ipod , robot domotique etc.

Mais, « Plutôt que de diaboliser des pratiques, il semble plus intéressant de les canaliser, c’est-à-dire de réinscrire les moments d’inattention dans un processus d’attention » estime t-on sur le DSF. » « La vitesse, l’accélération, la surcharge informationnelle dont nous sommes censés être les victimes ne se construisent pas contre nous, mais s’adaptent à nos capacités, renchérit le chercheur en neurosciences  : « Si quelque chose est trop rapide pour nous, nous ne l’adopterons pas. Nous ne sommes pas submergés, nous savons très bien ignorer ce qui ne nous intéresse pas. » Eteindre les lumières, avant que le disjoncteur cérébral ne s’en charge…