Economie de l’attention ou pas ?

Voilà donc l’industrie du Web 2.0 requalifiée en « Economie de l’attention« . Tout est possible, tout est pardonnable dès lors que cela capte votre attention. Car à peine exploitée la ressource maîtresse se fait rare. La pénurie menace. La chasse au gaspi se fait ici dans « l’abondance informationnelle ». Et son comble : quand on n’a pas d’attention, inutile de chercher des idées…

Car ce n’est pas rien, votre attention. Enfant, nous avons été sollicités. Les guili-guilis, les comptines, les hochets, les cubes, et certains transat opportunément placés sous les arbres afin de nous éveiller l’esprit, dans l’espoir que les frondaisons mouvantes tracent de nouveaux réseaux neuronaux, qui allait développer notre goût pour Mozart ou pour les mathématiques. Et certainement, notre capacité de concentration. Et qu’en faisons nous, de toute cette attention, bichonnée, soignée, grandie ? Nous la dispersons dans les moulins du Web. Nous la dispensons à tous les vents avec prodigalité à qui la veut.

Ils sont nombreux, les prétendants : selon l’institut américain Media Dynamics publiée en 2016 ( » From Crisis to Stasis: Media Dynamics and Issue Attention in the News « ) et reprise sur le DSF, nous sommes exposés en moyenne à 362 messages par jour contre 296 en 1985 et 340 en 1945. Tout en multipliant les bandeaux, pop-up et autres encarts, la publicité s’est emparée de la vidéo et des réseaux sociaux où fleurissent les liens sponsorisés, l’ensemble étant englobé dans des stratégies « cross-média », multisports. Jusqu’à ce que ces nouveaux ressorts s’épuisent, comme la publicité avant eux…

Car à mesure que notre attention décroît, le martelage s’intensifie : les nouveaux formats de publicité sur le Web, de plus en plus « ingénieux, intrusif, disruptif », selon dans quel camp vous vous situez, auront coûté près de 22 milliards de dollars aux sites internet cette année. Voilà pour le Web. Dans la vraie vie, aucun répit pour votre attention : les objets connectés volent nos clins d’oeil pour vérifier une destination, un nombre de messages non lus ou un rythme cardiaque finissent de grappiller ce qu’il reste de votre allocation de cerveau disponible. « En 2020 on peut estimer que le nombre d’objets connectés en circulation à travers le monde s’élèvera entre 50 et 80 milliards » annonce les sites spécialisés dans les  Objets connectés : montre Ipod , robot domotique etc.

Mais, « Plutôt que de diaboliser des pratiques, il semble plus intéressant de les canaliser, c’est-à-dire de réinscrire les moments d’inattention dans un processus d’attention » estime t-on sur le DSF. » « La vitesse, l’accélération, la surcharge informationnelle dont nous sommes censés être les victimes ne se construisent pas contre nous, mais s’adaptent à nos capacités, renchérit le chercheur en neurosciences  : « Si quelque chose est trop rapide pour nous, nous ne l’adopterons pas. Nous ne sommes pas submergés, nous savons très bien ignorer ce qui ne nous intéresse pas. » Eteindre les lumières, avant que le disjoncteur cérébral ne s’en charge…

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