Cross média et rédactions intégrées

Le discours du World’s editors forum (WEF) est en train d’évoluer sur la question des rédactions intégrées, entièrement tournées cross-média.
J’évoquais déjà,il y a quelques mois, cette idéologie battue en brèche en citant Alexis Delcambre et l’exemple du Monde.fr.
Cette fois, dans un long papier publié sur son blog le WEF lui-même prend acte du fait que des rédactions hybrides (ou bicéphales web et print) peuvent se mettre en place – c’est le cas au Figaro – dans une perspective cross-média.
Le WEF appelle cette formule :
rédactions non-intégrées mais qui coopèrent.

C’est toujours ça.
Le titre à lui seul résume le changement de discours : « Une rédaction qui n’est pas intégrée, ne signifie pas l’absence d’intégration ».
Une manière de prendre acte qu’il y a d’autres voies vers le cross-média.
Une sorte d’euphémisme aussi pour dire que les journalistes du print ne veulent pas se mélanger à ceux du multimédia.
L’article est passionnant, je vous le recommande. Il montre, à travers l’exemple du Figaro, comment un groupe de presse français peut aboutir au cross-média sans froisser les journalistes.
En clair, si tu ne peux franchir l’obstacle, contourne-le (proverbe chinois). Aux néophytes, un petit résumé.
Le cross média, c’est l’information multi supports : mobiles, web et papier. Et ces supports sont aussi des canaux de communication actifs de l’un à l’autre.
Exemple simple, que j’utilise régulièrement en formation : vous lisez dans votre journal papier préféré, le compte-rendu du match de foot de la veille. Au pied de l’article il y a un mobile tag, vous le scannez avec votre téléphone mobile et vous téléchargez le but du match ou l’interview des joueurs.
Le cross média, c’est aussi l’info en flux continu. Un événement survient dans la journée et immédiatement une alerte est envoyée sur les mobiles, tandis qu’une brève est rédigé pour le web (actualisée tout au long de la journée, voire enrichie en multimédia), avant de lire l’article le lendemain dans le journal.
Incontestablement c’est l’avenir.

La rédaction intégrée, c’est la nouvelle organisation censée répondre à l’exigence du cross média (24/24 et 7/7).
Elle suppose de casser l’organisation actuelle des newsroom (héritée du XIXe siècle, il est vrai), pour créer une rédaction entièrement tournée vers un pôle unique, un desk central multimédia.
Les journalistes, quant à eux, n’écrivent plus « pour le journal ». Ils sont « producteurs d’infos » multisupports.
Ca change pas mal la donne, l’info n’est plus périodique mais continue.

Problème : les éditeurs de presse prennent conscience d’un vieux principe, celui de réalité.

  • Réalité culturelle d’abord : les journalistes du print n’ont pas encore intégré les raisons qui poussent les groupes de presse au cross-média. Et notamment ils sont peu ou mal informés, enfin c’est mon analyse, quant aux nouveaux usages (internet et mobiles). C’est pourtant là que se déplace aujourd’hui l’audience.

  • Réalité sociale ensuite : la perspective cross-média (l’info tous supports), est encore vécue comme une future surcharge de travail. D’autre part, les syndicats ne lâcheront pas aussi facilement la question des droits d’auteur.

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Une réflexion sur “Cross média et rédactions intégrées

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