Complexités de la ville augmentée

La ville augmentée existe, étage supérieur de la ville connectée et de la cité numérique , on peut déjà l’observer à divers endroits de la planète :

  • A Londres, où fonctionne un réseau estimé à  400 000 caméras de video-surveillance (chaque londonien en croise 300 par jour), où des portiques de péage urbain contrôlent les plaques d’immatriculation des véhicules pénétrant dans la City, en application de la « congestion charge ».

  • A Tokyo où 10 000 puces Rfid ont été disséminées dans le mobilier urbain d’un quartier commercial, délivrant informations et services localisés aux heureux possesseurs de l’« ubiquitous communicator ».

  • A New Songdo, ville laboratoire en cours de construction, livrable en 2014, et show-room sud-coréen de l’ubiquitous computing, avec à terme 250 000 béta-testeurs plus ou moins volontaires.

  • A Paris, qui couvre de wi-fi 400 de ses parcs et jardins, teste le bluetooth et transforme en quartier numérique le 2e arrondissement pour en faire une plate-forme d’expérimentations des nouveaux services urbains numériques.

  • Dans les centaines de municipalités américaines qui déploient des réseaux wi-fi sur leur territoire, persuadées d’investir dans une infrastructure numérique d’un nouveau type, indispensable à leur développement.

  • A Hong Kong, une ville dense, très dense (6 000 habitantsau  km2, 30 fois moins à Paris), dans laquelle s’est développée une intelligence aigue de toutes les mobilités. Au cœur de ce dispositif, 13 millions de cartes Octopus en circulation, une carte de paiement sans contact équipée d’une puce Rfid et massivement adoptée par les 6 millions d’habitants de Hong Kong. Valable sur les principaux réseaux de transports, trains, bus, métros, taxis, ferries, et chez de nombreux commerçants (50% des règlements effectués se font chez eux), la carte Octopus fluidifie et simplifie déplacements, transactions et services.

Dans la ville augmentée, la machinerie numérique est bien là, qui procède de l’omniprésence des réseaux, avec et sans fil, et des puces (Rfid, capteurs, caméras, géo-localisation…) insérées dans les espaces, les objets et les corps, et de la combinatoire presque infinie que représente l’entrée en communication de tous ces objets les uns avec les autres. Une machinerie qui fabrique de nouvelles complexités : celles des flux, des services, des espaces-temps, des mobilités, des gouvernances.

Publicités

Lecture de Beach Music de Pat CONROY

Chacun d’entre nous se détermine tout au long de sa vie, par le lieu où il naît, par les parents qui sont les siens, par les amis qu’il se choisit, mais aussi par le destin qui lui incombe. Le destin n’est pas un chemin tout tracé, il est plutôt une série d’incidents de coïncidences avec lesquelles il faut composer, le destin, c’est l’Histoire mais à échelle individuelle. Jack a été intimement déterminé, façonné par la ville dans laquelle il a grandi, au cœur de la nature, au bord de l’Océan Atlantique. Par ceux qui l’ont entouré : ses parents, envahissants et souvent embarrassants, ses frères, quatre grands gaillards américains, difficiles à dissimuler au monde, et surtout par ses amis, ceux qu’il a toujours connus, depuis les premières années d’école, dans le chêne grimpant près de la fenêtre de sa chambre, et celui qui croisera sa route adolescent pour changer sa vie pour toujours. Ce roman fleuve raconte comment Jack parvient à se réconcilier avec son passé riche, mais lourd !

La prose de P CONROY ne fait pas de détours, elle s’emballe plutôt, et pendant plus de huit cent pages, emporte le lecteur avec elle. On en arrive à se demander comment suivre ce dédale de personnages et de vies croisées mais on n’a pas à se poser la question, l’auteur y a réfléchi bien avant nous et s’assure que le fil ne se rompe jamais.

La question des origines, celle de la construction et des relations que nous entretenons avec les nôtres sont autant de thèmes traitées avec justesse, sans longueur et avec un certain franc parler. Toutes les passions sont exacerbées dans la vie de Jack et des siens, on n’aime ni ne hait à moitié.

J’ai adoré ce roman, même si j’ai mis longtemps à le lire, je ne m’y suis jamais ennuyée, à suivre les péripéties de Jack et ses amis et écouter les anciens de Waterford raconter leur jeunesse dans ce pays tout neuf de l’Amérique d’après guerre. Certains thèmes ont peut-être un peu vieilli, remplacés par d’autres démons, mais on passe un moment agréable, passant du rire aux larmes en tenant la petite Léah par la main !

Un roman qui commence avec le goût de la Dolce Vita et finit par flamboyer de la flore et de faune de Caroline du Sud, avec beaucoup d’amour en bonus

 

 

La ville 2.0 comme plate-forme d’innovations ouverte

L’irruption dans le jeu urbain des acteurs du Web 2.0 est déjà une réalité. L’exemple le plus spectaculaire réside sans aucun doute dans la prolifération de données cartographiques et photographiques urbaines, fournies gratuitement par les Google, Yahoo et autre Microsoft, et désormais omniprésentes sous la forme de mashups ou API ou de widgets , sur nos écrans d’ordinateurs et de téléphones mobiles. Quant à l’usager-citadin, nouvel acteur incontournable du Web 2.0, il commente, interpelle, évalue, annote, raconte, photographie et filme la ville sous tous ses angles, partageant et diffusant cette production personnelle ou collective via ses plates-formes de blogs et réseaux sociaux préférés.

Cette double pression, par le haut et par le bas, qui s’exerce sur eux incite, voire oblige les acteurs « classiques » de la Ville, publics et privés, à réexaminer en profondeur le fonctionnement de la fabrique des services urbains. L’hypothèse de ce défi est que l’application à la Ville des modèles d’innovation qui font le succès du Web 2.0 et de l’open source doit permettre aux transporteurs, collectivités territoriales, commerçants, aménageurs et prestataires de services urbains de réinventer leurs métiers, de sceller de nouvelles alliances et d’enrichir leur offre, pour le bénéfice de tous les citadins.

Deux perspectives nous intéressent plus particulièrement dans ce défi :

  • Celle de la ville comme une plate-forme ouverte à toutes les innovations et tous les acteurs, favorisant le partage et la circulation des données, la mutualisation des ressources, et la création de services innovants répondant aux nouvelles attentes des citadins.

  • Et celle d’une plus large implication des citadins dans la conception et le fonctionnement des services urbains, et la co-construction de leur Ville.

Lecture : Une prière pour Owen de John IRVING

Ce roman est souvent considéré comme la pièce maîtresse de l’œuvre du romancier américain, J IRVING. Il écrit encore aujourd’hui et a déjà publié plus d’une dizaine de romans. Si on y retrouve bien ces thèmes récurrents de la relations de l’homme à la nature, la sexualité, à l’absence du père, on peut se demander ce qui fait la particularité de ce livre-ci, et surtout si les années n’ont pas entaché ces qualités.

La première qualité de ce roman est le style fluide de J IRVING, grâce auquel on entre très vite dans l’histoire et qui amène à quelques situations particulièrement cocasses, j’ai ri aux éclats à plusieurs reprises ! Les personnages dans cette écriture très accessible sont bien sûr comme d’autres personnages d’IRVING, parfaitement crédibles, mais aussi atypiques et amusants. Je n’ai pas longtemps résisté à cette Hester féministe et rebelle… Et pour ne rien gâcher, le style souple n’empêche pas une excellente et même étonnante construction.

Mais ce qui m’a particulièrement séduite, ce sont les opinions tranchées et vives des deux personnages principaux sur les Etats-Unis et leur politique étrangère des années 60 à 70. Aucune langue de bois, notre narrateur démonte un à un les scandales politiques de ces jeunes années. Et ces critiques n’ont – malheureusement – pas beaucoup vieilli. Certaines critiques sont étonnamment modernes : le force souterraine des lobbies, le manque d’engagement des hommes politiques américains sont d’une actualité criante !

Finalement, le seul léger bémol de ce roman, ce sont les nombreuses allusions à la religion. Les débats sur la foi épiscopalienne comparée à la foi chrétienne m’ont assez peu intéressée car tout cela me semblait fort creux.

 

 

MSI Wind U115 pour 549,99€

Le prix du MSI Wind U115 vient d’être dévoilé, 549,99€ pour cette petite bête d’autonomie. Ce portable est l’un des seuls à avoir une autonomie de plus de 13 heures sur batterie. Sa sortie en France a été annoncée en mai. Revoyons d’abord les caractéristiques de cet ordinateur portable :

Processeur : Atom Silverthorne Z530 cadencé à 1.6 GHz

Mémoire : 1024Mb ou 2048Mb de RAM 533 MHz

Stockage : HDD S-ATA 80Go accompagné d’un SSD de 8Go ou un HDD S-ATA 120Go accompagné d’un SSD de 12Go ou encore un HDD de 160Go accompagné d’un SSD de 32Go

Ecran : 10 pouces (26 cm) WSVGA LED, résolution 1024X600

Webcam : 1.3 mégapixels ou 2.0 mégapixels

Connecteurs : EDR, VGA, Jack (micro & son), Ethernet et 3 ports USB 2.0

Lecteur de cartes mémoire 4 en 1 (SD, MMC, MS, XD)

Connecteurs Wi-Fi b/g ou b/g/n (compatibilité avec les réseaux Wi-Fi)

Bluetooth 2.0 et batterie à 6 cellules (4900 mAh)

Voilà, ce portable devrait séduire les plus travailleurs d’entre-vous.

La batterie 6 cellules

Technologies Internet : les interfaces

Parfois, aux soirs de lassitude, on aimerait pouvoir éplucher son écran, ôter la pellicule supportant les pictos, les fenêtres clignotantes pour ne garder, sur la peau de l’écran, qu’un visage lisse, deux paupières, un nez une bouche : celle de l’éveillé par exemple… Un bouddha qui saurait vous évoquer toutes les réponses à l’intérieur même de votre crâne. L’interface parfaite, sans bouton.

Car depuis l’origine, l’informatique devait permettre l’augmentation de l’intelligence humaine déjà très rapide. Le seul frein : la vitesse de transmission et de traitement des données hors les machine : une information digitale (des zéros et des uns) et la traduction de cette information en signal captable par nos sens : la vue, l’ouïe et le toucher, moins exploités (l’Apple Wach possède sur son bracelet des picots qui titillent les poignets pour signaler par exemple l’heure ou la survenue d’un sms).
Initialement, Engelbart, l’inventeur de la souris, avait pu imaginer de commander son ordinateur à l’aide d’un genou.


Très vite, c’est la capacité d’attention du cerveau humain qui est le maillon le plus faible de la chaîne de transmission de l’information. D’ailleurs, dès les années 90 sur le campus de Xeros Park, la question est posée de mieux s’adapter à l’attention humaine – la plupart du temps inconstante. Pour la première fois, le concept de technologie calme (calm technology) est posée. Le principe, détaillé Ici sur le DSF (Digital Society Forum) est de « solliciter l’attention d’un utilisateur au bon moment quand le système le requiert, ou, à l’inverse, lui donner des informations de manière périphérique sans perturber son activité principale. » Il s’agit de rendre l’outil informatique non seulement « invisible », mais omniprésent. A l’époque, les chercheurs dessinaient les premières lignes d’un système informatique ubiquitaire composé de millions de petits ordinateurs connectés entre eux dans notre environnement familier.

Cette domotique allait devenir une “informatique ambiante” qui aurait géré tout dans notre environnement, devancé nos gestes, accompagné nos gestes et communiqué avec nous sans même que nous nous en apercevions. Nous en avons vraiment rêvé. Des maison pilotables à distances, des robots ménagers programmables, des montres qui comptent nos pas et nos battements de coeurs. Et nous l’avons vraiment fait… Enfin presque. Nous n’exploitations pas toutes les subtilités de nos systèmes : trop prise de tête.

l’art de la conversation sur Twitter

Si, comme moi, vous ne captez pas toujours toutes les subtilités du langage de twitter, dites vous que ce n’est pas si grave. Ou en tous les cas que ce n’est pas la peine de vous remettre tout de suite en question. L’opacité des auteurs de Tweet est parfois involontaire, la portée de leur message d’autant réduite. Des chercheurs du Georgia Institute of Technology ont montré qu’un tweet qui comportait des abréviations et un langage informel aurait une portée plus limitée qu’un tweet pourvu d’hashtags aux mots plutôt formels, c’est une étude relayée par le site de l’Atelier.

Faire court ne signifie pas toujours couper intempestivement les phrases et les mots. La règle, bien connue dans la presse selon laquelle tout bon lecteur est un lecteur pressé, capricieux, impatient et qui exige de ce fait une information directement accessible à son esprit régit aussi le monde des tweet aux 140 caractères. Il faut faire court, mais clair. L’étude du Georgia Institute of Technology citée par l’Atelier montre « qu’en fonction de l’audience à atteindre, contacts proches ou public large, le tweet peut arborer un ton peu conventionnel, être pourvu d’abréviations type langage SMS, ou au contraire se montrer tout à fait formel. »

L’élément géographique jouerait un rôle important, précise encore l’article. les chercheurs* ont remarqué que lorsqu’un internaute s’adressait à un(e) résident(e) de la même ville, abréviations et mots familiers de la région étaient de rigueur. Par exemple, alors que le smiley est utilisé partout, l’alternative est beaucoup plus populaire à Los Angeles. De la même manière, on trouvera dans la région de Houston une concentration du mot « mayne », pronociation locale du mot « man ». Plus la visée est grande, plus le langage est soigné, voire académique. A l’inverse, annoncent les chercheurs « Notre étude montre que plus le langage est, différencié, plus le tweet est enclin à être destiné à une audience locale et donc aura moins de chance d’être diffusé largement ».

L’information qui a inspiré à un internaute anonyme ce commentaire désabusé : « 3 ans et des millions de twits pour enfoncer une porte ouverte, ça doit être la force d’Internet avec un grand « I », si je dis Net tout le monde ne va peut-être pas comprendre :-(…. »

Ou l’on (re)découvre aussi, la théorie du langage un grand tweet : le langage est un code compréhensible de tous, dont le but ultime n’est pas forcément de briller, de se faire mousser mais de transmettre une idée, une information à autrui.  » Nous nous exprimons nécessairement par des mots, et nous pensons le plus souvent dans l’espace. En d’autres termes, le langage exige que nous établissions entre nos idées les mêmes distinctions nettes et précises, la même discontinuité qu’entre les objets matériels » nous dit le philosophe Henri Bergson.

A ceci près que Twitter ne signifie pas exactement parler, s’exprimer, mais gazouiller, comme un oiseau. Et qui sait encore que ce que l’on a longtemps nommé « la langue des oiseaux » depuis le Moyen Age ? Et l’on ne parle pas alors de l’alouette qui grisolle, tire-lire, turlutte, que la bécasse qui croûle, que la buse qui piaule, que le butor qui butit, la caille qui carcaille, courcaille, margotte, le canard qui cancane, canquette, nasille, la chouette qui chuinte, hioque, hole, hue,(h)ulule, la cigogne qui craquette, glottore, la colombe qui roucoule, le coq qui chante, coqueline, coquerique… tout le reste est ici.

La Langue des Oiseaux est une bizarrerie, un langage codé, une langue secrète qui donne aux mots et aux phrases une autre signification que celle qu’ils portent habituellement « via un ensemble de procédés qui permettent d’entendre différemment les sons, les mots et les expressions afin d’en faire émerger le sens secret. » nous dit ce passionné qui précise encore que « c’est autant une tournure d’esprit qu’une disposition à capter la puissance symbolique du langage. Elle permet de donner du sens aux  » maux  » que nous exprimons en écoutant les  » mots  » que nous utilisons. »

La langue des oiseaux consisterait donc en premier à s’exprimer, soi. Avec sans doute l’espoir de toucher la sensibilité d’autrui. Et plus, si affinité. Si affinité se faire comprendre en plus, mais c’est une option.